Au Havre : la côte, l’export, le fisc
Ville basse, ville haute
Le centre reconstruit est un terrain idéal : rues larges, angles droits, stationnement en épi, cours d’îlot accessibles par de hauts passages. Un plateau s’y range sans gêner personne. Les quartiers anciens épargnés, Saint-François, l’Eure, Sainte-Marie, sont plus serrés. La vraie coupure est la côte : les rues qui la gravissent sont raides et sinueuses, doublées d’escaliers et d’un funiculaire, et certaines maisons accrochées à la pente ne sont accessibles que par le haut. En ville haute, grands ensembles et lotissements ont des parkings ouverts. Dans le quartier des Neiges, enclavé dans la zone portuaire, il faut compter avec les trains de conteneurs et les ponts mobiles. Dites si la voiture est en haut ou en bas de la côte : ce n’est pas le même trajet.
L’acheteur qui promet l’export
Dans une ville portuaire, l’offre est banale : quelqu’un propose de prendre votre voiture hors d’usage « pour l’export », sans formalité, parfois avec quelques billets. Il y a là deux pièges. Le premier est administratif : sans déclaration de cession enregistrée, vous restez le titulaire d’un véhicule dont vous ignorez tout du sort, amendes et mises en fourrière comprises, ici ou ailleurs. Le second est juridique : une voiture qui n’est plus en état de circuler est un déchet au sens du code de l’environnement, et l’exportation de véhicules hors d’usage non dépollués est encadrée, interdite vers de nombreux pays. Un véhicule d’occasion roulant, avec un contrôle technique valide, peut être vendu à un exportateur déclaré, qui signe un certificat de cession. Une épave, non : elle va dans un centre VHU, et c’est le certificat de destruction qui vous met à l’abri.
Le prix du rachat, le fisc et la facture
La question se pose dès qu’un montant est annoncé : faut-il le déclarer ? Pour un particulier, non. La vente d’une voiture personnelle n’est pas imposée, les automobiles étant expressément exclues de la taxation des plus-values sur les biens meubles ; il n’y a rien à reporter sur la déclaration de revenus. Vous n’avez pas non plus de facture à établir. C’est le professionnel qui tient ses écritures : il inscrit l’achat dans son registre, avec votre identité et celle du véhicule, et vous laisse un exemplaire de la déclaration de cession. Gardez ce document et la trace du paiement. Il en va autrement pour une entreprise, un artisan ou une profession libérale dont la voiture figure à l’actif : la cession est alors une opération comptable, à voir avec l’expert-comptable avant l’enlèvement.
Rachat d’épave au Havre
Voitures d’ouvriers du port et de la pétrochimie, qui roulent à toute heure, citadines de la ville basse, utilitaires d’artisans : le parc havrais travaille dur et vieillit au vent de mer. Le rachat d’épave s’apprécie au modèle, au moteur, à l’année, au kilométrage, à la panne, sans oublier l’état des soubassements. L’épaviste donne son prix lors du rappel et le règle quand il charge, si la voiture est conforme à vos indications.
Une voiture invendable en pièces mais entière relève de l’enlèvement gratuit. Pour un véhicule accidenté, consultez la page épave accidentée.
Les centres VHU de la pointe de Caux
Grand département industriel, la Seine-Maritime recense 56 installations inscrites à la rubrique 2712, consacrée au stockage, à la dépollution et au démontage des véhicules hors d’usage, dont 38 en exploitation sur plus de 500 m². Ces chiffres sont ceux de Géorisques, le registre public des installations classées, au relevé du 20 septembre 2026. Le Havre en accueille plusieurs, entre deux et cinq kilomètres du centre, surtout du côté de la zone industrielle. Gonfreville-l’Orcher en a une à sept kilomètres ; Montivilliers et Manéglise en ont d’autres, un peu plus loin. L’autre grand pôle est l’agglomération rouennaise.
Ces centres sont, depuis le 1er janvier 2025, des installations classées soumises à enregistrement. Ceux qui avaient obtenu auparavant un agrément préfectoral le gardent tant qu’on ne le leur retire pas. C’est le centre qui vous adresse le certificat de destruction.
| Établissement | Commune |
|---|
| ETABLISSEMENTS RICHIERO SA | Gonfreville-l’Orcher (76700) |
| COPA SAS LMB | Le Havre (76620) |
| ETS ROBERT HETTIER | Le Havre (76600) |
| SARL QUINTIN | Manéglise (76133) |
| ETABLISSEMENTS LALAURIE | Montivilliers (76290) |
Source : registre Géorisques des installations classées, rubrique 2712, relevé du 20 septembre 2026. Établissements en exploitation sur plus de 500 m², dont l’activité principale est la voiture de particulier, dans les communes citées ci-dessus. Liste complète du département : Épaviste Seine-Maritime (76). Ils sont indépendants de notre réseau ; la liste évolue, vérifiez auprès du centre avant de vous déplacer.
Le déroulement
Vous déposez une demande en ligne. Un épaviste vous rappelle, se fait décrire la voiture et l’accès, annonce son offre ou la gratuité, propose une date. Le jour convenu, il contrôle la carte grise, fait signer la cession, vous en remet un exemplaire et charge. Le centre VHU déclare ensuite la destruction.
Les papiers
Carte grise barrée, portant « cédé le (date) pour destruction » et la signature du titulaire ; cerfa n° 15776 ; certificat de situation administrative de moins de quinze jours. Les cas particuliers sont traités à la page formalités.