Un plateau, un fleuve, une baie
Amiens et l’Amiénois
Longueau la cheminote, Camon et Rivery au bord des hortillonnages, Salouël, Dury et Boves au sud, Poulainville et ses zones d’activité au nord : l’agglomération amiénoise est compacte, vite quittée. Dix minutes après la rocade, on roule entre des champs ouverts, de village-rue en village-rue : Villers-Bocage, Corbie, Conty, Molliens-Dreuil, Picquigny. Beaucoup d’habitants de ces bourgs travaillent à Amiens et font le trajet deux fois par jour, par tous les temps, sur des routes départementales droites et exposées au vent.
La Picardie maritime et le Vimeu
Abbeville commande l’ouest. Au-delà, la baie de Somme, Le Crotoy, Saint-Valery, Cayeux et ses galets, Fort-Mahon, Quend, le Marquenterre : un littoral de résidences secondaires, de campings et de huttes de chasse, où le sable et le sel abîment tout ce qui reste dehors. Au sud de la baie, le Vimeu est une exception : un plateau rural couvert d’ateliers de serrurerie et de robinetterie, autour de Friville-Escarbotin, Feuquières et Fressenneville. On y est ouvrier de père en fils, et l’on entretient sa voiture soi-même.
Le Santerre et la Haute-Somme
À l’est d’Amiens, les meilleures terres de France portent betteraves, pommes de terre et légumes de conserve : Rosières, Chaulnes, Roye, Nesle, Ham, Péronne, Albert. Tout a été détruit entre 1914 et 1918, puis rebâti en brique dans les années vingt : les villages se ressemblent, avec leur église neuve et leurs fermes reconstruites à l’identique. Les sucreries et les usines de surgelés tournent en campagnes, avec une main-d’œuvre temporaire. L’autoroute du Nord et celle de l’Est se croisent ici, et amènent leur lot de véhicules accidentés.
Le Ponthieu et le Doullennais
Au nord du fleuve, vers l’Authie et le Pas-de-Calais : Doullens, Bernaville, Domart, Crécy et sa forêt, Rue. C’est la partie la plus rurale et la plus éloignée de tout. La ferme picarde y est la règle : des bâtiments de torchis ou de brique disposés en carré autour d’une cour, fermés sur la rue par une grange percée d’un porche charretier. Pour l’épaviste, tout se joue à ce porche, dont la hauteur et la largeur décident si le plateau entre ou si la voiture doit être tirée jusqu’à la rue.
Le sud-ouest : Poix, Oisemont, la vallée de la Bresle
Entre Amiens et la Normandie, un pays de vallées sèches, de bois et d’herbages : Poix-de-Picardie, Hornoy, Airaines, Oisemont, puis Gamaches et la Bresle, vallée du verre et des flacons de parfum. L’autoroute de Rouen le traverse sans s’y arrêter. La population est âgée, les commerces ont fermé, et la voiture d’un défunt peut rester plusieurs années dans la grange avant que la succession s’y intéresse.
Rachat d’épave dans la Somme : ce qui fait le prix
Un rachat d’épave se décide sur pièces, au sens propre. L’épaviste a besoin de savoir de quelle voiture il s’agit, avec quel moteur, de quelle année, à quel kilométrage, pourquoi elle est arrêtée et ce qu’on en a déjà retiré. Le parc de la Somme est plus âgé que la moyenne nationale, et très diesel : de petites autos et des monospaces de quinze ans, qui ont beaucoup tourné. Leur valeur est surtout mécanique, quand le moteur ou la boîte sont sains. L’humidité est constante et les routes sont salées en hiver : la corrosion des planchers et des passages de roue est fréquente, et elle pèse sur l’estimation. Les utilitaires d’artisans et d’agriculteurs se rachètent mieux. Une voiture accidentée récente, sur l’autoroute ou la rocade, garde presque toujours un prix. À défaut, l’enlèvement est gratuit pour un véhicule complet. Le montant d’un rachat est remis lors de la prise en charge. Pour les sinistres, la page épave accidentée fait le point.
Les centres VHU de la Somme : trente-cinq fiches, treize sites actifs
L’écart mérite d’être souligné. Le registre Géorisques des installations classées rattache 35 établissements de la Somme à la rubrique 2712, qui encadre l’entreposage, la dépollution et le démontage des véhicules hors d’usage. Mais au 20 septembre 2026, 13 seulement sont en exploitation sur plus de 500 m² : les autres sont fermés, en cessation ou de taille marginale. La carte qui en résulte est maigre. L’agglomération d’Amiens en réunit l’essentiel : Amiens, Camon, Pont-de-Metz et Poulainville, auxquels s’ajoute Corbie. L’ouest en a quatre : Sailly-Flibeaucourt, au nord d’Abbeville, Tours-en-Vimeu, Friville-Escarbotin et Oisemont. L’est en a deux : Pozières, près d’Albert, et Heudicourt, entre Péronne et Cambrai.
Tout le reste dépend d’ailleurs. Abbeville n’a pas de site sur son territoire. Le Doullennais n’en a aucun, et s’adresse à Poulainville. Le sud-ouest, autour de Poix, est à distance de tout. Et sur les marges, c’est le voisin qui sert : depuis Montdidier, le centre le plus proche est à Tricot, dans l’Oise ; depuis Roye, à Bussy, dans l’Oise également ; depuis Ham, à Sommette-Eaucourt, dans l’Aisne ; depuis Rue, à Verton, dans le Pas-de-Calais. Pour mémoire, le régime a changé au 1er janvier 2025 : les centres VHU doivent être enregistrés parmi les installations classées, et les agréments préfectoraux plus anciens n’ont pas été abrogés. C’est à eux qu’il revient, exclusivement, de délivrer le certificat de destruction.
| Établissement | Commune |
|---|
| AXIOMAUTO | Amiens (80000) |
| GALLOO FRANCE | Amiens (80080) |
| DSA Camon | Camon (80450) |
| REVIVAL | Corbie (80800) |
| STOP CAR (HOUSSAYE Richard SAS) | Friville-Escarbotin (80130) |
| Ledeux Eric (Heudicourt) | Heudicourt (80122) |
| ESPACE AUTO | Oisemont (80140) |
| ETABLISSEMENTS BARCENA SARL | Pont-de-Metz (80480) |
| Recycling Car COFFIGNIEZ | Poulainville (80260) |
| CHOQUET Jacky | Pozières (80300) |
| APA 80 (Autos Pièces Allemandes) | Sailly-Flibeaucourt (80970) |
| TOURS AUTOMOBILES | Tours-en-Vimeu (80210) |
Source : registre Géorisques des installations classées, rubrique 2712, relevé du 20 septembre 2026 : établissements en exploitation avec titre, sur plus de 500 m². Le registre en compte 13 dans le département ; une fiche n’apparaît pas ici, parce que son activité principale n’est pas la voiture de particulier ou que la fiche est mal classée. Ces établissements sont indépendants de notre réseau ; la liste évolue, vérifiez auprès du centre avant de vous déplacer.
Le déroulement, concrètement
Vous dites quelle voiture, dans quel état, dans quel village et à quel endroit de la propriété. L’épaviste vous rappelle pour confirmer la gratuité ou proposer un prix, puis convient d’une date. Quand il arrive, il vérifie les documents, fait signer la cession par le titulaire, treuille la voiture et l’emporte vers un centre VHU.
Les papiers qu’on vous demandera
Le certificat d’immatriculation, rayé d’un trait, avec la mention manuscrite « cédé le » suivie de la date et de « pour destruction », et la signature. Le cerfa n° 15776. Un certificat de situation administrative de moins de quinze jours. Une pièce d’identité. Si le titulaire est mort, si la succession n’est pas réglée ou si la carte grise a disparu dans le déménagement, consultez la page formalités avant de faire la demande.